Une série d'histoires courtes (VOIR) où l'auteur répertorie avec cocasserie les méfaits de notre société et pousse à l'extrême tous les extrêmes que nous refusons de nommer.

Avec : Camille AGOBIAN, Martin DESCOURTIEUX, Gaël JEZEQUEL, Abdelouahab NINI, Agata RABILLET, Hélène ROISIN et Nessim VIDAL Mise en scène : Hervé BERNARD OMNES - Assistant : Nessim VIDAL

Spectacle de l'Atelier 3ème année d'ARTS ET ACTIONS (WEB), les 28/29/30 juin et 1er juillet 2007 à 20h30

Nul doute, Régis JAUFFRET est un peu zinzin, et beaucoup écrivain. Il n'écrit que délires et dingueries, méchancetés et horreurs, et tient le lecteur par la barbichette. Avec lui, c'est lis ou crève, vois le monde tel que je le regarde ou dégage ! Régis JAUFFRET est libre, au risque d'en faire trop, de choquer, de déplaire - en ces temps de mièvrerie omnipotente, voilà qui est salutaire, et jouissif.

JAUFFRET, grand manipulateur d'imaginaire, grand exterminateur de la réalité, fait le catalogue de ses obsessions, petites infamies, grandes trahisons. Rien n'échappe à son regard sarcastique. Tout devient limpide, irrémédiable. En quelques phrases mine de rien puissantes, il ouvre les portes de l'enfer : est-ce ainsi que les hommes vivent ? Un vrai massacre. Par la voix de ses narrateurs, l'écorché vif JAUFFRET dépiaute le genre humain dans toute sa décadence. C'est renversant de cruauté, de justesse, et parfois de tendresse.

L'auteur d'Univers, univers (Verticales, 2003) et d'Asiles de fous (Gallimard, prix Fémina 2005) fait du désespoir une raison de vivre - "seuls les vivants peuvent espérer mourir" - et une raison d'écrire. Jamais, pourtant, il n'oublie d'en rire. Ou de se moquer de sa stature : "Je ne suis pas un monstre, je suis un écrivain". Il plonge dans l'immonde, décrasse les clichés, et sans pudeur, avec acharnement même, revendique un peu d'amour.

Une microfiction, selon JAUFFRET, c'est une page et demie, pas plus, une petite histoire qui raconte beaucoup. Maître de l'attaque et de la chute, il va au plus pressé, à l'essentiel, à rebrousse-poil, par déflagrations anticonformistes, par frappes (phrases) chirurgicales. Ses narrateurs, il faut bien en convenir, ne nous ressemblent guère - quoique ...

Régis JAUFFRET a raison sur au moins un point : il n'est pas un monstre, mais un écrivain, et avec lui, on se sent moins seul face à la barbarie.

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